0171 GUIDE PRATIQUE À L'USAGE DES PARENTS
Attitudes éducatives et
stratégies concrètes face aux principaux troubles de l'enfant et de
l'adolescent
Dr. Claude Jean Paris,
Psychiatre et Pédopsychiatre — Paris et al., 2026 —
Boulogne-Billancourt
Préambule : deux piliers universels
Avant
toute stratégie spécifique, deux approches constituent le socle commun à toutes
les situations évoquées dans ce guide. Il ne s'agit pas de méthodes théoriques
: ce sont des postures qui s'apprennent et se pratiquent au quotidien.
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La méthode Kazdin
(Parent Management Training) |
La Communication Non
Violente — CNV (Rosenberg) |
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Développée par Alan Kazdin (Yale), fondée sur
les principes comportementaux. Elle enseigne aux parents à renforcer les
comportements positifs, à ignorer stratégiquement les comportements peu
graves, et à donner des consignes claires et cohérentes. Validée dans de
nombreux essais randomisés pour le TOP, le TDAH, les troubles du
comportement. |
Développée par Marshall Rosenberg, elle
repose sur l'observation sans jugement, l'expression des sentiments et
besoins, et la formulation de demandes claires. Elle transforme la relation
parent-enfant de confrontation en coopération. Particulièrement utile dans
l'opposition, les conflits chroniques et l'automutilation. |
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Principe clé : « Attraper l'enfant en train
de bien faire » et le renforcer immédiatement, spécifiquement, et
chaleureusement. |
Formule de base : « Quand je vois/entends...
je ressens... parce que j'ai besoin de... Pourrais-tu... ? » |
1. Dyspraxie et dysgraphie
La
dyspraxie (Trouble Développemental de la Coordination — TDC) et la dysgraphie
sont des troubles neurodéveloppementaux qui affectent la planification,
l'automatisation et l'exécution des gestes. L'enfant n'est pas « maladroit par
manque d'efforts » : son cerveau traite différemment les séquences motrices.
Comprendre cela change radicalement l'attitude parentale.
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✅ Attitudes à adopter |
❌ Attitudes à éviter |
💬 Phrase CNV / approche |
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Verbaliser les étapes d'une tâche motrice
AVANT de la réaliser (« D'abord tu ouvres le cartable, puis tu sors le cahier
») |
Dire « Fais attention » ou « Tu pourrais si
tu voulais » — cela culpabilise sans aider |
« Je vois que ça te demande beaucoup
d'énergie. J'ai besoin de t'aider autrement. Qu'est-ce qui serait plus facile
pour toi ? » |
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Autoriser et valoriser les outils
compensatoires : ordinateur/tablette pour les devoirs, stylos ergonomiques,
feuilles lignées plus espacées |
Forcer à réécrire « proprement » — cela
génère de l'échec répété et détruit l'estime de soi |
« Ce n'est pas ta faute si l'écriture est
difficile. Ton cerveau est construit différemment. On va trouver des outils
pour toi. » |
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Fractionner les tâches longues en petites
étapes avec pause active entre chaque (5 min de mouvement libre) |
Interpréter l'évitement des tâches manuelles
comme de la paresse ou de la mauvaise volonté |
« Je remarque que tu bloques. De quoi tu
aurais besoin là, maintenant ? » |
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Collaborer avec l'école pour obtenir un
PAP/PPRE : tiers-temps, droit au secrétariat, copies tapées acceptées |
Cacher le trouble à l'école par honte ou peur
de la stigmatisation |
« On va expliquer à tes professeurs comment
tu fonctionnes. Ce n'est pas un secret, c'est une information utile. » |
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Valoriser les compétences non-motrices :
mémoire verbale, créativité, curiosité intellectuelle, sens de l'humour |
Comparer avec des frères/sœurs ou des
camarades plus habiles manuellement |
« Tu as des ressources incroyables.
L'écriture, ce n'est qu'une façon d'exprimer ce que tu sais. » |
Points
d'alerte : quand consulter en urgence
•
Refus scolaire complet lié à la honte des productions écrites —
risque de décrochage
•
Dépression masquée par évitement généralisé — irritabilité,
isolement, perte de plaisir
•
Automutilation liée à la frustration de ne pas « réussir comme
les autres »
2. Automutilation (scarification, griffures,
chocs)
⚠️ L'automutilation chez l'enfant ou
l'adolescent n'est presque jamais un acte suicidaire. C'est le plus souvent une
stratégie de régulation émotionnelle — une façon de rendre une douleur
psychique insupportable en douleur physique contrôlable. La réaction parentale
est déterminante : la panique ou la punition aggravent le comportement.
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✅ Attitudes à adopter |
❌ Attitudes à éviter |
💬 Phrase CNV / approche |
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Rester calme physiquement lors de la
découverte : s'asseoir, respirer, ne pas crier ni pleurer (traiter ses
émotions hors de la présence de l'enfant) |
Réagir par la colère, la punition, la honte
(« c'est dégueulasse », « tu fais ça pour me faire mal ») |
« Je suis inquiet(e) pour toi, pas en colère.
Je veux comprendre ce qui se passe pour toi. » |
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Soigner la blessure calmement, sans
dramatiser, sans minimiser : « Je vois que tu as besoin de soins. Je suis là.
» |
Retirer tous les objets de la chambre
(inutile, crée une atmosphère carcérale) ou surveiller en permanence |
« Ton corps mérite d'être soigné. Dis-moi ce
dont tu avais besoin quand c'est arrivé. » |
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Établir un « plan de crise » à froid, avec
l'adolescent : liste de 3–5 alternatives au moment de l'envie (appeler un
ami, écouter de la musique forte, frapper un coussin, glaçon dans la main,
dessin intense) |
Promettre de garder le secret « entre nous »
— les parents doivent partager l'information avec l'équipe soignante |
« Qu'est-ce qui pourrait t'aider dans ces
moments-là ? On peut réfléchir ensemble. » |
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Nommer sans juger : « Je vois que tu souffres
beaucoup. Je suis là même si je ne comprends pas tout. » |
Proposer des solutions trop rapides (« tu
n'as qu'à faire du sport ») ou minimiser (« c'est rien, tout le monde a des
mauvais moments ») |
« Qu'est-ce que tu ressens juste avant ?
Est-ce que tu peux me le décrire ? » |
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Consulter rapidement un pédopsychiatre ou
psychologue — la thérapie DBT-A (Dialectical Behavior Therapy adolescent) est
le traitement de référence |
Attendre que « ça passe tout seul » ou se
contenter d'une promesse de l'adolescent d'arrêter |
« Je t'aime et je ne peux pas gérer ça
seul(e). On a besoin d'aide professionnelle. Ce n'est pas une punition. » |
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Alternatives concrètes
à enseigner à l'adolescent (plan de crise) |
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Sensoriel immédiat |
Glaçon tenu serré dans la main, eau froide
sur le visage, élastique sur le poignet (sensation sans blessure) |
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Expression physique |
Frapper un coussin, déchirer du papier, crier
dans un oreiller, courir 5 min |
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Expression créative |
Dessiner la douleur, écrire sans censure dans
un carnet secret, peindre avec des couleurs intenses |
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Contact humain |
Appeler une personne de confiance identifiée
à l'avance, aller dans la pièce où se trouve un parent |
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Régulation respiratoire |
Cohérence cardiaque 5-5-5 : inspirer 5 sec,
retenir 5 sec, expirer 5 sec — répéter 6 fois |
3. Refus scolaire anxieux (phobie scolaire)
Le
refus scolaire anxieux (RSA) n'est pas de la paresse ni de la manipulation.
C'est une réaction de peur intense — souvent associée à une anxiété de
séparation, une anxiété sociale, une anxiété généralisée ou un trouble panique.
Plus l'absentéisme dure, plus la réintégration est difficile : l'intervention
précoce est cruciale.
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✅ Attitudes à adopter |
❌ Attitudes à éviter |
💬 Phrase CNV / approche |
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Maintenir un rituel de départ fixe et court
(max 2 min de séparation à la porte — ne pas traîner, ne pas revenir) |
Négocier le matin (« juste aujourd'hui tu
restes »), rester dans la voiture 20 min, appeler l'école pour prévenir de
l'absence dès que l'enfant dit qu'il ne se sent pas bien |
« Je comprends que tu as peur. Et tu y vas
quand même — parce que tu es courageux(se). Je serai là à 16h30. » |
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Créer une hiérarchie d'exposition progressive
avec le thérapeute : présence devant l'école → entrée → cours de sport →
demi-journée → journée complète |
Maintenir l'enfant à la maison « jusqu'à ce
qu'il aille mieux » — l'évitement entretient et renforce la peur |
« Chaque petit pas que tu fais, c'est une
victoire réelle. On avance à ton rythme, mais on avance. » |
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Traiter les symptômes somatiques (nausées,
douleurs abdominales, maux de tête du matin) comme signal d'anxiété, pas
comme maladie — soins de confort légers puis départ maintenu |
Consulter aux urgences répétitivement pour
des symptômes fonctionnels, ce qui renforce la conviction d'être malade |
« Ton corps te dit qu'il a peur. C'est vrai,
c'est réel. Et on sait que ça passe une fois à l'école. » |
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Maintenir une structure journalière à la
maison les jours d'absence forcée : lever à heure fixe, pas de jeux
vidéo/écrans, travail scolaire à table |
Laisser l'enfant en pyjama, regarder des
séries, avoir des activités plaisantes à la maison — cela renforce
l'évitement |
« À la maison c'est comme l'école : on
travaille. Ce n'est pas une punition, c'est pour garder le rythme. » |
|
Prévenir l'école, construire un plan de
retour avec un référent identifié (CPE, infirmière, enseignant de confiance)
pour accueillir l'enfant |
Exiger un retour à temps plein dès le premier
jour, sans préparation ni aménagement |
« Ton professeur de [matière] sait que tu
reviens. Il/elle t'attend. Tu n'es pas seul(e). » |
4. Conduites d'opposition (Trouble Oppositionnel
avec Provocation — TOP)
Le
TOP se caractérise par un pattern persistant de comportement négatif, défiant,
désobéissant et hostile. Il ne s'agit pas d'un « mauvais caractère » mais d'un
trouble neurodéveloppemental fréquemment associé au TDAH (60% des cas). La
méthode Kazdin est ici le traitement parental de première ligne, validé par des
centaines d'essais.
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✅ Attitudes à adopter |
❌ Attitudes à éviter |
💬 Phrase CNV / approche |
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Donner des consignes courtes, directes, une
seule à la fois : « Pose ton téléphone maintenant » — puis attendre 10
secondes sans répéter |
Donner des consignes longues avec
explications (« parce que je te l'ai dit, parce que c'est comme ça... ») —
l'enfant TOP est expert à détourner sur le fond |
Ton neutre, voix basse et assurée. La CNV
vient APRÈS la compliance, jamais pendant le refus. |
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Système de renforcement positif immédiat :
tableau de points, jetons, privilèges — récompenser spécifiquement la
compliance dans les 30 secondes |
Punir constamment sans jamais renforcer —
l'enfant TOP reçoit plus d'attention pour ses comportements négatifs que
positifs |
« Quand tu fais ce que je demande, ça me rend
vraiment heureux(se). J'aime être avec toi dans ces moments-là. » |
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Technique Time-Out correctement appliquée : 1
avertissement, 1 min par année d'âge dans un endroit neutre, retour calme
sans lecture de la morale |
Time-Out dans la chambre (si elle est
attractive) ou suivi d'une longue discussion — le Time-Out doit être neutre
et bref |
Après le time-out, retour calme : « C'est
fini. On reprend. » Pas de discours. |
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Choisir ses batailles : identifier 2–3
comportements non négociables (sécurité, respect minimal) et ignorer le reste
provisoirement |
Entrer en guerre sur tout — les parents
épuisés perdent toujours sur le long terme |
« Il y a des choses importantes et des choses
moins importantes. Je me bats pour les importantes. » |
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Donner des choix limités pour redonner un
sentiment de contrôle : « Tu fais tes devoirs maintenant ou dans 10 minutes ?
» |
Les ultimatums impossibles (« si tu ne le
fais pas tu n'iras jamais chez ton ami ») — non crédibles donc sans effet |
« Je vois que tu as besoin d'avoir ton mot à
dire. Voilà deux options — à toi de choisir. » |
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Maintenir des moments positifs quotidiens non
conditionnels : 15–20 min d'activité choisie par l'enfant, sans consigne ni
évaluation |
Conditionner tout moment agréable à la bonne
conduite — l'enfant TOP a besoin d'expériences positives inconditionnelles |
« Ce moment est pour toi, juste parce que tu
existes. » |
5. Enfant victime de maltraitance parentale
⚠️ IMPORTANT : Ce profil concerne les parents
NON-maltraitants (secondaire parent, beau-parent, famille élargie, accueil) qui
s'occupent d'un enfant qui a été victime. Si vous êtes le parent soignant,
votre rôle est de PROTÉGER ET TÉMOIGNER. Si vous avez des doutes sur votre
propre comportement, parlez-en à votre médecin ou à un psy — c'est un acte de
courage, pas d'accusation.
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✅ Attitudes à adopter |
❌ Attitudes à éviter |
💬 Phrase CNV / approche |
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Croire l'enfant sans réserve lorsqu'il parle
— même partiellement, même de façon confuse. Lui dire clairement : « Je te
crois. Ce n'est pas ta faute. » |
Douter ouvertement, interroger de façon
répétée ou confrontante (« tu es sûr ? », « il ne ferait pas ça »), minimiser |
« Ce que tu m'as dit est très important. Je
suis là pour te protéger. Tu as eu raison de me le dire. » |
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Signaler sans attendre — via le 119 (Allô
Enfance en Danger), le médecin traitant ou le pédopsychiatre. Ne pas tenter
de gérer seul. |
Attendre « de voir comment ça évolue », gérer
en interne dans la famille, promettre à l'enfant de ne rien dire |
« Je vais en parler à des gens dont c'est le
métier de protéger les enfants. Ils vont t'aider. » |
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Maintenir la stabilité du quotidien : repas,
école, rituels de coucher — la prévisibilité est thérapeutique pour un enfant
traumatisé |
Modifier brutalement l'environnement, parler
du traumatisme à répétition, encourager l'enfant à « tout dire » hors cadre
thérapeutique |
« Ici c'est sûr. Rien ne peut t'arriver. Tu
peux me parler quand tu veux, mais je ne vais pas forcer. » |
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Reconnaître et nommer les émotions que
l'enfant exprime ou n'exprime pas : colère, honte, tristesse, confusion.
Toutes sont légitimes. |
Demander à l'enfant d'oublier, de pardonner,
d'être « fort(e) », de « ne plus y penser » |
« C'est normal d'être en colère. C'est normal
d'avoir peur. C'est normal de ne pas savoir quoi ressentir. » |
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Prendre soin de soi en tant que parent
protecteur — les traumatismes par procuration existent. Consulter un psy pour
soi. |
Effondrement émotionnel visible devant
l'enfant, surinvestissement anxieux, culpabilisation permanente |
« Je prends soin de moi pour pouvoir mieux
prendre soin de toi. » |
6. Comportements autistiques (TSA — Trouble du
Spectre de l'Autisme)
Le
TSA est un trouble neurodéveloppemental caractérisé par des particularités dans
la communication sociale et des comportements répétitifs/intérêts restreints.
L'objectif parental n'est pas de « normaliser » l'enfant mais de créer un
environnement qui respecte son mode de fonctionnement tout en développant ses
compétences adaptatives.
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✅ Attitudes à adopter |
❌ Attitudes à éviter |
💬 Phrase CNV / approche |
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Utiliser des supports visuels pour structurer
le temps : planning journalier illustré, minuteur visuel (type Time Timer),
pictogrammes de transition |
Changer les routines sans prévenir — les
transitions imprévues sont une source majeure de crise chez les enfants TSA |
« Dans 5 minutes, on arrête [activité] pour
passer à [activité suivante]. Regarde le minuteur. » |
|
Anticiper les transitions : prévenir 10–5–2
minutes avant. Créer des rituels de fin d'activité (phrase, geste, chanson) |
Interpréter les stéréotypies ou les intérêts
intenses comme des caprices ou des provocations |
« Je sais que tu as besoin de plus de temps.
On prend encore 5 minutes, et après on passe à la suite. » |
|
Respecter et s'appuyer sur les intérêts
intenses : les utiliser comme levier d'apprentissage, de récompense, de
communication |
Interdire les intérêts restreints par
principe, forcer le contact visuel, imposer des câlins ou contacts physiques
non désirés |
« Je vois que tu aimes vraiment [sujet].
Dis-moi encore quelque chose que tu sais là-dessus. » |
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Identifier les déclencheurs sensoriels
(bruit, lumière, texture, foule) et aménager l'environnement en conséquence :
casque anti-bruit, vêtements doux, espaces de retrait autorisés |
Forcer l'exposition aux stimuli aversifs pour
« habituer » — cela génère de l'anxiété et des crises sans effet
thérapeutique |
« Qu'est-ce qui te dérange là ? Comment je
peux t'aider à te sentir mieux ? » |
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En cas de crise (meltdown) : réduire les
stimuli, rester calme, s'asseoir au sol si possible, ne pas toucher sans
accord, attendre que la tempête passe |
Parler, expliquer, raisonner pendant une
crise — le cortex préfrontal est momentanément hors ligne |
Voix très douce, peu de mots : « Je suis là.
C'est calme. Tu es en sécurité. »
(répété calmement) |
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Demander une évaluation par une équipe
spécialisée (CRA — Centre Ressource Autisme, CAMSP, SESSAD) pour accéder aux
thérapies recommandées (ABA, TEACCH, Denver) |
Se fier uniquement aux ressources internet
non validées, arrêter les thérapies dès les premières difficultés |
« On va chercher les meilleures aides
possibles pour toi. On fait équipe. » |
7. Fugues et mauvaises fréquentations à
l'adolescence
La
fugue est rarement un acte anodin. Elle signale un niveau de souffrance ou de
conflit qui dépasse les ressources de l'adolescent pour y faire face autrement.
Les « mauvaises fréquentations » répondent souvent à un besoin d'appartenance,
de reconnaissance ou de sensations non satisfait dans le cadre familial.
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✅ Attitudes à adopter |
❌ Attitudes à éviter |
💬 Phrase CNV / approche |
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Après le retour d'une fugue : d'abord
s'assurer que l'enfant est physiquement sauf. Accueillir sans punir dans les
premières heures. Reparler le lendemain. |
Accueillir la fugue retour avec une punition
immédiate, une confrontation à chaud ou un discours de victimisation
parentale |
« Je suis soulagé(e) que tu sois en sécurité.
Je t'aime. On va parler de ce qui s'est passé demain, quand on sera tous les
deux calmes. » |
|
Chercher à comprendre POURQUOI : qu'est-ce
que l'adolescent fuyait ? Conflit familial ? Harcèlement ? Situation
insupportable à la maison ? Demande d'aide ? |
Se concentrer uniquement sur la punition ou
la surveillance renforcée sans s'interroger sur les causes |
« Qu'est-ce qui était si insupportable que tu
devais partir ? Je veux comprendre, pas juste punir. » |
|
Sur les fréquentations : rencontrer les amis
(invitation à la maison, repas partagé), s'intéresser à leur groupe, ne pas
diaboliser en bloc |
Interdire brutalement toutes les
fréquentations — cela renforce leur attrait et exclut le parent du réseau de
l'adolescent |
« Je voudrais connaître tes amis. Pas pour
les juger — pour savoir qui est important pour toi. » |
|
Maintenir un cadre clair (heure de retour,
notification de lieu) tout en laissant une marge d'autonomie croissante selon
la fiabilité observée |
Choix binaire : liberté totale ou prison —
les deux sont des échecs éducatifs |
« Tu gagnes de la liberté en me montrant que
tu peux être fiable. Je t'en donne plus à chaque fois que tu respectes nos
accords. » |
|
Signaler une fugue de plus de 12h à la police
(enfant mineur). Contacter l'assistante sociale ou le pédopsychiatre si le
comportement se répète. |
Normaliser les fugues répétées, gérer seul
sans recours aux institutions |
« J'ai besoin d'aide pour t'aider. Ce n'est
pas trahir — c'est chercher les meilleures ressources pour toi. » |
8. Consommation de substances (cannabis, alcool,
écrans)
Note clinique : La
consommation de substances chez l'adolescent est rarement hédonique pure. Elle
est le plus souvent auto-thérapeutique — une tentative maladroite de réguler
une anxiété, une dépression, un TDAH non traité, ou une souffrance relationnelle.
Comprendre la fonction de la consommation est la clé de l'intervention.
|
✅ Attitudes à adopter |
❌ Attitudes à éviter |
💬 Phrase CNV / approche |
|
Aborder le sujet sans accusation ni panique :
« J'ai remarqué des changements chez toi. Je ne suis pas là pour te punir
mais pour comprendre. » |
Fouiller la chambre en secret, faire sentir
l'adolescent ou le piéger — cela détruit la confiance sans réduire la
consommation |
« Je t'ai observé(e) ces dernières semaines.
Je suis inquiet(e). Est-ce que tu peux me dire comment tu vas vraiment ? » |
|
Utiliser les principes de l'Entretien
Motivationnel (Miller & Rollnick) : explorer l'ambivalence, refléter sans
juger, faire émerger les propres raisons de changement de l'adolescent |
Les discours moralisateurs répétés, les « tu
vas te détruire », les comparaisons — ils activent la réactance et renforcent
la consommation |
« Qu'est-ce que ça t'apporte, ce truc ?
Qu'est-ce que tu perds à cause de ça ? » |
|
Chercher ce que la substance compense :
sommeil, anxiété, dépression, TDAH, douleur sociale — et traiter le trouble
sous-jacent |
Se concentrer uniquement sur la substance et
ignorer la souffrance sous-jacente |
« Qu'est-ce qui se passe dans ta tête ou dans
ta vie que ça t'aide à supporter ? » |
|
Maintenir les règles non négociables (pas de
consommation à la maison, pas de conduite après consommation) avec
conséquences claires et prévisibles |
Fermer les yeux pour « garder le contact » ou
au contraire mettre fin à toute relation |
« Je n'accepte pas ça sous mon toit — ce
n'est pas négociable. Et je reste ton parent quoi qu'il arrive. » |
|
Orienter vers une consultation spécialisée :
consultation jeunes consommateurs (CJC), CSAPA, pédopsychiatre — sans
stigmatiser |
Attendre que « ça passe avec l'âge » ou
croire qu'on peut régler seul une dépendance installée |
« Il y a des gens dont c'est le métier
d'aider les jeunes dans cette situation. Viendrais-tu une fois pour voir ? » |
Tableau de synthèse —
Principes transversaux
|
Principe universel |
Application concrète |
|
Régulation émotionnelle du parent en premier |
Vous ne pouvez pas réguler votre enfant si
vous êtes vous-même en état de détresse. Règle des masques à oxygène : mettez
le vôtre d'abord. |
|
Cohérence et prévisibilité |
Les enfants en difficulté ont besoin de
cadres stables. Un parent imprévisible (tantôt permissif, tantôt punitif)
aggrave tous les troubles. |
|
Alliance avec l'école |
L'école est votre alliée, pas votre
adversaire. Partagez les informations utiles, construisez des plans
conjointement (PAP, PPRE, ULIS, SEGPA selon les besoins). |
|
Ne pas gérer seul |
Chercher de l'aide (pédopsychiatre,
psychologue, assistante sociale, groupes de parents) n'est pas un aveu
d'échec — c'est un acte de responsabilité parentale. |
|
Séparation trouble/personne |
L'enfant n'est pas son trouble. Dire « tu as
un TDAH » et non « tu es un TDAH ». Dire « tu as un comportement opposant »
et non « tu es un enfant opposant ». |
|
Maintien du lien inconditionnel |
Quelle que soit la gravité du comportement,
l'enfant doit sentir que le lien parental ne se rompt pas. On retire des
privilèges, jamais l'amour. |
|
Prendre soin de soi |
Le burn-out parental est réel et fréquent
dans ces situations. Consultez un professionnel pour vous-même. Les groupes
de parole pour parents (type PACT, Groupes de Guidance Parentale) sont très
efficaces. |
Ressources et orientations recommandées
|
Situation |
Ressource / Orientation |
Contact / Accès |
|
Urgence / danger immédiat |
SAMU / Urgences pédiatriques |
15 — 112 — Urgences CHU pédiatriques |
|
Maltraitance suspectée |
CRIP (Cellule de Recueil des Informations
Préoccupantes) |
119 (Allô Enfance en Danger, 24h/24) |
|
Automutilation, crise suicidaire |
Urgences pédopsychiatriques, numéro national
prévention suicide |
3114 (numéro national, 24h/24) |
|
Refus scolaire, scolarisation aménagée |
Médecin scolaire, MDPH, RASED |
Via l'établissement scolaire ou inspection
académique |
|
TSA — diagnostic et prise en charge |
CRA (Centre Ressource Autisme), CAMSP, SESSAD
TSA |
Annuaire CRA : www.autisme.gouv.fr |
|
Addictions adolescents |
CJC (Consultation Jeunes Consommateurs),
CSAPA |
www.drogues-info-service.fr — 0800 23 13 13
(gratuit) |
|
Soutien aux parents |
Guidance parentale, Groupes PACT,
associations de parents |
Selon département — orientation par médecin
traitant ou pédopsychiatre |
Références bibliographiques sélectives
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Attention-Deficit Hyperactivity Disorder: A Handbook for Diagnosis and
Treatment (4th ed.). Guilford Press.
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ed.). Guilford Press.
Rosenberg, M. B. (2003).
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HAS. (2020). Autisme et
autres troubles du spectre de l'autisme — Interventions et parcours de vie de
l'adulte. Saint-Denis : HAS.
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