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samedi 29 août 2026

0285 L'apport de la psychomotricité dans les troubles du neuro-développement : TSA, TDAH et trouble développemental de la coordination

 Article n°285

 

L'apport de la psychomotricité dans les troubles du neuro-développement : TSA, TDAH et trouble développemental de la coordination

Du bilan psychomoteur aux médiations corporelles — une lecture intégrative selon le modèle Biopsychosocial-Écologique (BPS-E)*


Dr Claude Jean Paris

Psychiatre — Psychiatre de l'enfant et de l'adolescent

Centre Médical Desfeux, Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine)

Concepteur du modèle BPS-E (Biopsychosocial-Écologique)

Résumé

La psychomotricité occupe une place centrale dans la prise en charge des troubles du neuro-développement (TND), en raison de l'unité fonctionnelle qu'elle postule entre le corps, la motricité, les processus cognitifs et la vie psychique et relationnelle de l'enfant. Trois entités cliniques illustrent particulièrement cet apport : le trouble du spectre de l'autisme (TSA), le trouble déficitaire de l'attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) et le trouble développemental de la coordination (TDC, anciennement dyspraxie). Cet article propose une synthèse des spécificités cliniques de chacun de ces trois troubles sur le plan psychomoteur, ainsi que des moyens d'évaluation et de rééducation mobilisés par le psychomotricien : bilan psychomoteur standardisé, approches sensori-motrices, régulation tonico-émotionnelle, intégration des réflexes archaïques, méthodes bottom-up et top-down dans le TDC, médiations corporelles et relaxation. Ces moyens sont ensuite resitués dans le modèle Biopsychosocial-Écologique (BPS-E), qui permet d'articuler la dimension corporelle du soin avec les dimensions psychologique, sociale et environnementale de la prise en charge de l'enfant porteur de TND.

Mots-clés : psychomotricité, troubles du neuro-développement, TSA, TDAH, trouble développemental de la coordination, dyspraxie, bilan psychomoteur, régulation tonico-émotionnelle, intégration sensorielle, modèle BPS-E.


 

Sommaire

1. Introduction — le corps comme voie d'accès aux troubles du neuro-développement

2. Le bilan psychomoteur : fondement de toute intervention

3. La psychomotricité dans le trouble du spectre de l'autisme (TSA)

4. La psychomotricité dans le TDAH

5. La psychomotricité dans le trouble développemental de la coordination (TDC)

6. Comorbidités et intrications entre TSA, TDAH et TDC

7. Intégration dans le modèle Biopsychosocial-Écologique (BPS-E)

8. La collaboration pluridisciplinaire et la place des parents

9. Limites, perspectives et données probantes

10. Conclusion

Références bibliographiques


 

1. Introduction — le corps comme voie d'accès aux troubles du neuro-développement

Les troubles du neuro-développement (TND) regroupent, selon le DSM-5, un ensemble hétérogène de troubles apparaissant tôt dans le développement de l'enfant et retentissant sur son fonctionnement personnel, social, scolaire ou professionnel : le trouble du spectre de l'autisme (TSA), le trouble déficitaire de l'attention avec ou sans hyperactivité (TDAH), le trouble développemental de la coordination (TDC), les troubles spécifiques des apprentissages, le trouble du développement intellectuel et le trouble spécifique du langage. Si ces troubles se distinguent par leurs critères diagnostiques propres, ils partagent une caractéristique commune essentielle : leurs manifestations s'inscrivent presque toujours, au moins en partie, dans le registre du corps, du mouvement et de la sensorialité.

La psychomotricité, discipline paramédicale fondée sur le postulat d'une unité fonctionnelle entre le corps et le psychisme, occupe à ce titre une place singulière dans l'écosystème de soin des enfants porteurs de TND. Le psychomotricien n'intervient pas seulement sur la motricité au sens strict, mais sur l'ensemble des processus par lesquels l'enfant construit sa relation à son propre corps, à l'espace, au temps, aux objets et aux autres. Cette approche intégrative en fait un acteur pivot, aussi bien dans le repérage précoce des difficultés que dans l'accompagnement au long cours.

Cet article se propose d'examiner, pour trois troubles emblématiques — le TSA, le TDAH et le TDC — quelles sont les spécificités cliniques observées sur le plan psychomoteur, et quels moyens le psychomotricien mobilise pour y répondre. Cette synthèse est ensuite resituée dans le modèle Biopsychosocial-Écologique (BPS-E), qui permet d'articuler la dimension corporelle de la prise en charge avec les dimensions psychologique, sociale et environnementale du développement de l'enfant.

2. Le bilan psychomoteur : fondement de toute intervention

Toute intervention psychomotrice débute par un bilan psychomoteur, évaluation standardisée et qualitative permettant de situer le développement de l'enfant dans plusieurs domaines : motricité globale et fine, tonus musculaire, équilibre et coordinations, praxies (gestuelles et constructives), organisation spatiale et temporelle, latéralité, graphisme, attention et fonctions exécutives, régulation tonico-émotionnelle, conscience et schéma corporels.

Ce bilan repose sur des outils standardisés reconnus (échelles de développement moteur, batteries d'évaluation des fonctions motrices et praxiques, épreuves d'attention et de fonctions exécutives), complétés par une observation clinique fine du comportement de l'enfant en situation : niveau d'éveil sensoriel, réactivité émotionnelle, stratégies spontanées de résolution de problème, qualité de la relation établie avec le thérapeute. Il permet de déterminer les axes de travail prioritaires, d'objectiver l'écart entre les compétences motrices et l'âge chronologique, et de contribuer, en lien avec les autres professionnels, à la démarche diagnostique elle-même.

3. La psychomotricité dans le trouble du spectre de l'autisme (TSA)

3.1. Spécificités psychomotrices du TSA

Le TSA se caractérise, sur le plan psychomoteur, par un ensemble de particularités qui, sans figurer toujours explicitement dans les critères diagnostiques du DSM-5, sont très fréquemment rapportées en clinique :

·       des particularités de traitement sensoriel : hyper- ou hypo-réactivité aux stimulations tactiles, auditives, proprioceptives ou vestibulaires, recherche ou évitement sensoriel,

·       des stéréotypies motrices et des mouvements répétitifs, pouvant occuper une fonction d'auto-régulation,

·       des difficultés de motricité globale et fine, de planification motrice et d'imitation gestuelle,

·       des particularités toniques (hypotonie axiale fréquente, variations toniques liées à l'état émotionnel),

·       des difficultés de régulation tonico-émotionnelle, avec un lien étroit entre débordement sensoriel et débordement comportemental,

·       des particularités du schéma corporel et de la conscience corporelle, parfois associées à des difficultés à percevoir ou nommer ses propres sensations internes (intéroception).

3.2. Moyens psychomoteurs mobilisés

Approche sensori-motrice individualisée.

Le psychomotricien construit, à partir du profil sensoriel de l'enfant établi lors du bilan, un programme d'exposition et de régulation sensorielle progressive, visant à élargir la tolérance de l'enfant aux stimulations qui le mettent en difficulté, tout en respectant son rythme et en évitant toute mise en échec sensorielle brutale.

Travail de la régulation tonico-émotionnelle.

Des techniques de relaxation adaptées (relaxation à médiation corporelle, enveloppements, pressions profondes) et des exercices de respiration guidée sont utilisés pour aider l'enfant à identifier et réguler ses états de tension corporelle, en lien direct avec la gestion de ses émotions.

Développement des praxies et de l'imitation.

Des activités ludiques de imitation gestuelle, de jeux corporels partagés et de motricité fine structurée permettent de travailler la planification motrice et les praxies, souvent déficitaires dans le TSA, tout en soutenant indirectement les compétences d'attention conjointe et d'imitation sociale.

Structuration spatio-temporelle et supports visuels.

Conformément aux recommandations de la Haute Autorité de Santé concernant les interventions recommandées dans le TSA, le psychomotricien s'appuie fréquemment sur des supports visuels de structuration du temps et de l'espace (emplois du temps imagés, repères visuels de déroulement de séance), qui sécurisent l'enfant et facilitent son engagement dans l'activité motrice.

Travail corporel du lien et de la relation.

Au-delà des compétences motrices isolées, la séance de psychomotricité constitue un espace privilégié pour travailler, par le jeu corporel partagé, les prémices de la réciprocité relationnelle et de la régulation conjointe, dans un cadre sécurisant et prévisible.

4. La psychomotricité dans le TDAH

4.1. Spécificités psychomotrices du TDAH

Si le TDAH est avant tout défini par une triade attentionnelle, hyperactive et impulsive, ses répercussions psychomotrices sont importantes et fréquemment sous-estimées :

·       une instabilité posturale et motrice, avec une difficulté à maintenir une posture stable dans la durée,

·       des difficultés de motricité fine (écriture notamment) et de motricité globale (équilibre),

·       une impulsivité motrice se traduisant par une accidentologie augmentée,

·       des difficultés de régulation tonico-émotionnelle, avec des réactions corporelles rapides et peu modulées face à la frustration,

·       une variabilité motrice importante d'un moment à l'autre, cohérente avec la fluctuation attentionnelle propre au trouble,

·       une comorbidité fréquente avec le trouble développemental de la coordination, rendant parfois complexe le diagnostic différentiel.

4.2. Moyens psychomoteurs mobilisés

Techniques d'apaisement corporel.

Relaxation, exercices de respiration et postures inspirées du yoga sont utilisés pour donner à l'enfant des outils corporels concrets de régulation de son agitation et de son excitation motrice, mobilisables ensuite en autonomie en dehors des séances.

Mouvements rythmiques et intégration des réflexes archaïques.

Certains psychomotriciens proposent un travail sur l'intégration de réflexes archaïques non pleinement intégrés, par des mouvements rythmiques répétés, dans l'hypothèse d'un lien entre persistance de certains réflexes primitifs et instabilité posturale ou attentionnelle — approche dont l'appui scientifique reste à ce jour discuté et qui doit être proposée avec prudence méthodologique.

Rééducation métacognitive à partir d'objectifs concrets et progressifs.

Le travail s'organise autour d'objectifs fonctionnels très concrets et hiérarchisés (par exemple : « rester assis cinq minutes à table », « rester concentré malgré le bruit ambiant »), permettant à l'enfant d'expérimenter des réussites progressives et de renforcer son sentiment de contrôle sur son propre corps et son comportement.

Travail de l'attention en mouvement.

Contrairement à une approche purement statique, le psychomotricien exploite le mouvement lui-même comme support de travail attentionnel, à travers des parcours moteurs, des jeux d'équilibre ou de coordination nécessitant une attention soutenue à l'action en cours — une modalité souvent mieux tolérée par l'enfant TDAH qu'un exercice attentionnel purement assis et statique.

Gestion de l'impulsivité motrice.

Des jeux de contrôle moteur (jeux du type « statue », parcours avec consignes d'arrêt, activités de freinage volontaire du geste) travaillent spécifiquement l'inhibition motrice, en lien direct avec la composante impulsive du trouble.

5. La psychomotricité dans le trouble développemental de la coordination (TDC)

5.1. Spécificités psychomotrices du TDC

Le trouble développemental de la coordination (TDC), également désigné sous le terme de dyspraxie, se définit par une perturbation significative et durable de l'acquisition des coordinations motrices, en l'absence de déficit sensoriel, neurologique ou intellectuel qui l'expliquerait. Il se manifeste par :

·       une maladresse motrice globale et fine, avec une lenteur d'exécution et un manque de précision du geste,

·       des difficultés praxiques (praxies constructives, gestuelles, de l'habillage) qui retentissent sur l'autonomie quotidienne,

·       des difficultés graphiques majeures, souvent au premier plan des motifs de consultation scolaire,

·       des difficultés visuo-spatiales et un déficit d'imagerie motrice (difficulté à se représenter mentalement un mouvement avant de l'exécuter),

·       un retentissement psychoaffectif important, lié à l'écart perçu entre l'effort fourni et la qualité du résultat obtenu, pouvant fragiliser l'estime de soi.

5.2. Deux grandes approches thérapeutiques

La littérature distingue classiquement deux orientations complémentaires dans la rééducation du TDC :

L'approche centrée sur le déficit (bottom-up).

Cette approche vise à travailler directement les composantes motrices déficitaires identifiées au bilan (équilibre, coordination bimanuelle, dissociation des mouvements, graphisme), dans l'idée que l'amélioration de ces composantes de base se répercutera ensuite sur les activités fonctionnelles complexes qui en dépendent.

L'approche centrée sur la performance (top-down).

Cette approche, aujourd'hui privilégiée dans de nombreuses recommandations, part au contraire des tâches fonctionnelles concrètes que l'enfant doit réaliser au quotidien (faire ses lacets, écrire, découper) et travaille l'acquisition de stratégies cognitives de résolution de problème moteur directement sur ces tâches, en s'appuyant sur les points forts de l'enfant plutôt que sur la seule correction du déficit sous-jacent.

5.3. Moyens psychomoteurs mobilisés

·       entraînement gradué des coordinations bimanuelles et de la dissociation des mouvements,

·       rééducation graphomotrice spécifique (tenue du crayon, gestion de la pression, fluidité du tracé),

·       stratégies de compensation pour les activités de la vie quotidienne (habillage, repas, déplacements),

·       verbalisation guidée du geste avant son exécution, pour renforcer l'imagerie motrice interne,

·       travail en lien étroit avec l'ergothérapeute lorsque des aménagements scolaires spécifiques (outils numériques, aménagements du poste de travail) sont nécessaires,

·       accompagnement psychoaffectif du vécu de l'échec moteur répété, pour préserver l'estime de soi et la motivation aux apprentissages.

6. Comorbidités et intrications entre TSA, TDAH et TDC

Un des apports majeurs du regard psychomoteur est de rendre visibles les intrications fréquentes entre ces trois troubles. Le trouble développemental de la coordination partage avec le TDAH de nombreux signes communs, notamment au niveau des fonctions d'exploration et d'action, ainsi que des « signes neurologiques doux » et des troubles affectifs associés, ce qui rend parfois le diagnostic différentiel complexe entre trouble comorbide et trouble unique aux expressions multiples. L'association TDAH-TDC entraîne typiquement une variabilité motrice accrue, avec des répercussions sur l'accidentologie, l'intégration sociale, la scolarité et l'estime de soi, ce qui justifie de rechercher systématiquement un TDAH devant un tableau de TDC, et réciproquement.

De la même façon, les enfants porteurs d'un TSA présentent fréquemment des difficultés motrices et praxiques qui peuvent, sans remplir tous les critères d'un TDC associé, s'en rapprocher fortement, tout comme une proportion importante d'enfants TDAH présente des troubles spécifiques des apprentissages, des troubles anxieux ou du sommeil associés. Cette réalité clinique de la comorbidité renforce l'intérêt d'un bilan psychomoteur systématique et transversal, qui ne se limite pas à confirmer un diagnostic déjà posé mais explore l'ensemble du profil sensori-moteur de l'enfant.

7. Intégration dans le modèle Biopsychosocial-Écologique (BPS-E)

Le modèle BPS-E, qui articule le cadre biopsychosocial d'Engel, le modèle bioécologique de Bronfenbrenner et la perspective salutogénique d'Antonovsky, offre une grille de lecture cohérente avec la démarche psychomotrice elle-même, dans la mesure où celle-ci refuse par principe toute dissociation entre le corps et l'ensemble du fonctionnement de l'enfant.

7.1. Le niveau biologique

Le psychomotricien s'appuie sur la connaissance fine du développement sensori-moteur typique et atypique pour situer précisément l'enfant sur sa trajectoire développementale, sans céder à une lecture purement normative de ses compétences motrices.

7.2. Le niveau psychologique

Le travail corporel constitue une voie d'accès privilégiée à la régulation émotionnelle et au sentiment de compétence de l'enfant. La dimension salutogénique du modèle BPS-E trouve ici une expression directe : chaque réussite motrice concrète, même modeste, renforce le sens de cohérence de l'enfant face à ses difficultés.

7.3. Le niveau social et microsystémique

Conformément au modèle de Bronfenbrenner, le psychomotricien agit sur les microsystèmes de l'enfant : guidance parentale sur les aménagements du quotidien, liaison avec l'école pour les activités physiques et les aménagements graphomoteurs, coordination avec les autres professionnels du soin.

7.4. Le niveau écologique et macrosystémique

L'inscription de la prise en charge psychomotrice dans les dispositifs institutionnels français (Plateformes de Coordination et d'Orientation, PAP, PPS, orientation MDPH lorsque nécessaire) relève du niveau macrosystémique du modèle BPS-E, garantissant que le travail corporel réalisé en séance se prolonge de façon cohérente dans l'ensemble des espaces de vie de l'enfant.

8. La collaboration pluridisciplinaire et la place des parents

La psychomotricité s'inscrit nécessairement dans un parcours de soins coordonné, associant selon les situations le médecin (pédiatre, neuropédiatre, pédopsychiatre), le neuropsychologue, l'orthophoniste, l'ergothérapeute, ainsi que les équipes éducatives et scolaires. Cette approche pluridisciplinaire permet d'adopter une prise en charge intégrée agissant simultanément sur les répercussions sensorielles, motrices, émotionnelles et cognitives des troubles du neuro-développement.

La place des parents est par ailleurs déterminante : au-delà de la simple information, une guidance parentale active — transmission d'observations cliniques, conseils d'aménagement du quotidien, renforcement des stratégies travaillées en séance — conditionne largement la généralisation des acquis psychomoteurs hors du cadre thérapeutique.

9. Limites, perspectives et données probantes

Le niveau de preuve scientifique varie sensiblement selon les approches psychomotrices considérées. Les approches sensori-motrices et les techniques de régulation tonico-émotionnelle bénéficient d'un corpus clinique solide, en particulier dans le TSA où elles s'articulent aux recommandations de la Haute Autorité de Santé. Dans le TDC, l'approche top-down centrée sur la performance dispose aujourd'hui d'un niveau de preuve supérieur à certaines approches bottom-up plus anciennes, ce qui a progressivement réorienté les pratiques. En revanche, certaines techniques comme l'intégration des réflexes archaïques restent débattues sur le plan de leur validation scientifique et doivent être présentées aux familles avec la prudence méthodologique qui s'impose, sans remettre en cause l'intérêt global de la démarche psychomotrice.

Comme pour les autres professions de rééducation, la définition d'objectifs fonctionnels concrets, mesurables et évalués régulièrement demeure la meilleure garantie de la pertinence clinique du suivi psychomoteur dans la durée.

10. Conclusion

La psychomotricité constitue un pilier essentiel de la prise en charge des troubles du neuro-développement, qu'il s'agisse du trouble du spectre de l'autisme, du TDAH ou du trouble développemental de la coordination. En s'appuyant sur un bilan psychomoteur rigoureux, le psychomotricien mobilise un ensemble de moyens spécifiques à chaque trouble — approches sensori-motrices et régulation tonico-émotionnelle dans le TSA, techniques d'apaisement et travail de l'attention en mouvement dans le TDAH, approches bottom-up et top-down dans le TDC — tout en restant attentif aux comorbidités fréquentes entre ces trois entités. Resituée dans le modèle Biopsychosocial-Écologique, cette intervention corporelle ne se limite pas à la correction d'un déficit moteur : elle vise le renforcement global des ressources de l'enfant, de son sentiment de compétence corporelle et de sa capacité à s'inscrire pleinement, dans une perspective salutogénique, dans ses différents espaces de vie familiaux, scolaires et sociaux.


 

Références bibliographiques

1. American Psychiatric Association (2013). Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders, 5th edition (DSM-5). Washington, DC: American Psychiatric Publishing.

2. Engel, G. L. (1977). The need for a new medical model: a challenge for biomedicine. Science, 196(4286), 129-136.

3. Bronfenbrenner, U. (1979). The Ecology of Human Development: Experiments by Nature and Design. Cambridge, MA: Harvard University Press.

4. Antonovsky, A. (1987). Unraveling the Mystery of Health: How People Manage Stress and Stay Well. San Francisco: Jossey-Bass.

5. Haute Autorité de Santé (HAS). Trouble du spectre de l'autisme — Signes d'alerte, repérage, diagnostic et évaluation chez l'enfant et l'adolescent, 2018.

6. Haute Autorité de Santé (HAS). Recommandations sur la conduite à tenir en médecine de premier recours devant un enfant ou un adolescent susceptible d'avoir un trouble déficit de l'attention avec ou sans hyperactivité (TDAH), 2020.

7. Marquet-Doléac, J. (2018). Le trouble déficit de l'attention/hyperactivité chez l'enfant et l'adolescent : approche psychomotrice. Approche Neuropsychologique des Apprentissages chez l'Enfant.

8. Albaret, J.-M., & Corraze, J. Le trouble développemental de la coordination : approches bottom-up et top-down en rééducation psychomotrice.

9. Blog Hop'Toys. Trouble du Spectre de l'Autisme (TSA) en Psychomotricité. Consulté sur www.bloghoptoys.fr

10. Walter Learning. Le développement psychomoteur de l'enfant et les troubles développementaux de la coordination. Consulté sur www.walter-learning.com

11. Le Prisme Corporel. Approche pluridisciplinaire de l'enfant avec TDAH. Consulté sur prismecorporel.fr

12. Pineau, S. Place des parents dans la prise en charge psychomotrice des enfants présentant un trouble du neuro-développement (mémoire, Université Toulouse III).

13. Paris, C. J. Le modèle Biopsychosocial-Écologique (BPS-E) : fondements théoriques et applications cliniques en psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent. Article n°1 de la présente série.

 

Article rédigé par le Dr Claude Jean Paris, dans le cadre de sa production de contenus de psychoéducation psychiatrique fondés sur le modèle BPS-E (article n°285).