Article n°290
0290 Une génération
face à l'incertitude : dévalorisation des diplômes, intelligence artificielle
et employabilité menacée
Maintenir
la motivation et ouvrir des perspectives pour les vingt à trente prochaines
années — une lecture selon le modèle Biopsychosocial-Écologique (BPS-E)
Dr Claude Jean Paris
Psychiatre —
Psychiatre de l'enfant et de l'adolescent
Centre Médical
Desfeux, Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine)
Concepteur du modèle
BPS-E (Biopsychosocial-Écologique)
Résumé
La
génération actuelle d'adolescents et de jeunes adultes fait face à une
conjonction inédite de facteurs d'incertitude : une dévalorisation perçue des
diplômes, une transformation rapide du marché du travail sous l'effet de
l'intelligence artificielle générative, et une conscience aiguë de
l'accélération des changements globaux, qu'ils soient technologiques,
économiques ou écologiques. Cette conjonction alimente chez de nombreux jeunes
un sentiment d'imprévisibilité de l'avenir et une difficulté d'adaptation à un
monde perçu comme instable et en mutation continue. Cet article propose, à
partir du modèle Biopsychosocial-Écologique (BPS-E), une lecture intégrative de
cette problématique générationnelle, s'appuyant sur les données les plus
récentes concernant l'insertion professionnelle des jeunes diplômés et
l'anxiété liée à l'avenir, ainsi que sur les théories de la motivation et de la
résilience psychologique. Il propose enfin des pistes concrètes, destinées aux
cliniciens, aux éducateurs et aux familles, pour soutenir la motivation des
jeunes et les aider à se projeter dans les vingt à trente prochaines années.
Mots-clés
: jeunesse, intelligence artificielle, employabilité, dévalorisation des
diplômes, éco-anxiété, anxiété du futur, motivation, résilience, sens de
cohérence, modèle BPS-E.
Sommaire
1. Introduction — une génération à la croisée de
plusieurs incertitudes
2. Trois crises entremêlées : diplômes, intelligence
artificielle et accélération du monde
3. Comprendre la souffrance psychique associée : anxiété
du futur et éco-anxiété
4. Lecture par le modèle Biopsychosocial-Écologique
(BPS-E)
5. Comprendre la motivation face à l'incertitude :
apports théoriques
6. Maintenir la motivation : pistes concrètes pour les
cliniciens, éducateurs et familles
7. Ouvrir des perspectives pour les vingt à trente
prochaines années
8. Le rôle spécifique des professionnels de santé mentale
9. Conclusion
Références bibliographiques
1. Introduction — une génération à la croisée de plusieurs
incertitudes
Les adolescents et jeunes adultes
accompagnés aujourd'hui en consultation grandissent dans un contexte sans
précédent direct dans l'histoire récente : ils sont la première génération à
entrer sur le marché du travail alors que l'intelligence artificielle
générative transforme concrètement, et non plus hypothétiquement, les métiers
auxquels ils se destinent ; ils entendent depuis leur plus jeune âge que le
diplôme, longtemps présenté comme la garantie principale d'une insertion
professionnelle réussie, ne protège plus aussi sûrement qu'auparavant ; et ils
grandissent avec une conscience aiguë, alimentée par un accès continu à
l'information, de l'accélération des transformations économiques,
technologiques et écologiques du monde dans lequel ils devront vivre.
Cette conjonction de facteurs ne relève pas
d'une simple impression subjective : elle s'appuie sur des transformations
objectivables du marché du travail et sur une accumulation de données
épidémiologiques concernant l'anxiété liée à l'avenir chez les jeunes. Elle
mérite, à ce titre, une lecture clinique rigoureuse, qui ne verse ni dans le
catastrophisme ni dans le déni, et qui permette d'identifier des leviers
concrets pour soutenir la motivation et la capacité de projection des jeunes
accompagnés.
Cet article propose ainsi, à partir du
modèle Biopsychosocial-Écologique (BPS-E), une synthèse intégrative de cette
problématique générationnelle, mobilisant les données les plus récentes sur
l'insertion professionnelle des jeunes diplômés et sur l'anxiété du futur,
ainsi que les apports des théories psychologiques de la motivation, pour
déboucher sur des recommandations concrètes destinées aux cliniciens, aux
éducateurs et aux familles.
2. Trois crises entremêlées : diplômes, intelligence
artificielle et accélération du monde
2.1. La dévalorisation perçue des diplômes
Le diplôme demeure statistiquement
protecteur contre le chômage, mais ne garantit plus, dans un contexte de
fiscalité contraignante et de décalage croissant entre les cursus académiques
et les compétences réellement recherchées par les employeurs, les trajectoires
salariales ascendantes qu'il promettait implicitement aux générations
précédentes. Une part croissante des jeunes diplômés juge par ailleurs leur
formation insuffisamment adaptée aux enjeux technologiques actuels, ce qui
alimente un sentiment de décalage entre l'effort scolaire fourni et sa
valorisation effective sur le marché du travail.
2.2. L'intelligence artificielle et la fragilisation de
l'entrée dans la vie active
Les données les plus récentes disponibles
en 2026 dessinent un tableau nuancé mais préoccupant pour les jeunes diplômés :
si les marchés du travail des pays de l'OCDE se maintiennent globalement à des
niveaux d'emploi élevés, l'intelligence artificielle fragilise spécifiquement
les premiers échelons de carrière, en automatisant des tâches auparavant
confiées aux profils juniors — rédaction de contenus simples, analyse
documentaire, traitement de données de premier niveau. Ce phénomène, décrit par
certains observateurs comme un marché du travail « low hire, low fire » (peu
d'embauches, peu de licenciements), traduit moins une destruction massive
d'emplois qu'un rétrécissement de la première marche de l'escalier
professionnel. En France, le taux de chômage des 15-24 ans a augmenté
significativement entre le premier trimestre 2025 et le premier trimestre 2026,
une évolution que les organismes statistiques attribuent à plusieurs facteurs
combinés, dont la conjoncture économique et l'exposition différenciée de certains
secteurs à l'automatisation. Une enquête menée auprès d'étudiants français en
2026 révèle qu'une majorité d'entre eux se déclare inquiète pour son avenir
professionnel face à la montée de l'intelligence artificielle.
2.3. Le sentiment d'un monde qui s'accélère et se referme
À ces deux premiers facteurs s'ajoute une
troisième dimension, plus diffuse mais tout aussi structurante : le sentiment,
largement partagé chez les jeunes, de grandir dans un monde dont les
transformations s'accélèrent au point de rendre toute projection à long terme
incertaine — qu'il s'agisse des mutations technologiques, des tensions
géopolitiques ou du dérèglement climatique. Cette perception d'accélération
n'est pas propre à la seule sphère professionnelle : elle touche également le
rapport à l'avenir de la planète elle-même, renforçant un climat psychique
d'incertitude généralisée que la littérature clinique récente commence à
documenter sous le terme d'anxiété du futur, dont l'éco-anxiété constitue une
composante particulièrement étudiée.
3. Comprendre la souffrance psychique associée : anxiété
du futur et éco-anxiété
L'éco-anxiété, définie comme un ensemble
d'émotions liées à la perspective d'une perte environnementale et à la prise de
conscience des problèmes écologiques mondiaux, ne constitue pas à ce jour un
diagnostic psychiatrique reconnu par le DSM-5 ou la CIM-10 : il s'agit d'une
réaction émotionnelle compréhensible face à une menace objectivable, et non
d'une pathologie en soi. Une large enquête internationale menée auprès de dix
mille jeunes de seize à vingt-cinq ans dans dix pays a néanmoins montré qu'une majorité
d'entre eux se déclarait très inquiète ou extrêmement inquiète du changement
climatique, et qu'une proportion importante estimait que cette inquiétude
affectait concrètement leur quotidien, avec des sentiments de colère, de
culpabilité ou d'impuissance fréquemment rapportés.
Cette anxiété du futur, qu'elle porte sur
le climat, sur l'emploi ou sur l'avenir en général, peut, sans constituer un
trouble en elle-même, aggraver ou se surajouter à des difficultés
psychiatriques préexistantes — troubles anxieux, troubles du sommeil, phobie
scolaire, sentiment d'inadéquation — et mérite à ce titre une attention
clinique spécifique, distincte d'une simple banalisation du phénomène comme
d'une psychiatrisation excessive d'une réaction émotionnelle par ailleurs
adaptée à une réalité objective.
Un point clinique mérite d'être souligné :
contrairement à d'autres formes d'anxiété centrées sur une menace individuelle
ou un traumatisme personnel, l'anxiété du futur liée à l'IA et au changement
climatique s'ancre dans un constat largement partagé et objectivement fondé.
Elle ne doit donc pas être abordée comme une simple distorsion cognitive à
corriger, mais comme une réaction à une réalité sociétale, appelant des
réponses qui articulent soutien émotionnel individuel et perspectives d'action
concrètes.
4. Lecture par le modèle Biopsychosocial-Écologique
(BPS-E)
Le modèle BPS-E, qui articule le cadre
biopsychosocial d'Engel, le modèle bioécologique de Bronfenbrenner et la
perspective salutogénique d'Antonovsky, offre un cadre particulièrement
pertinent pour appréhender cette problématique générationnelle dans sa
complexité, en évitant de la réduire à une seule de ses dimensions.
4.1. Le niveau biologique
L'exposition prolongée à une incertitude
perçue comme incontrôlable active de façon chronique les systèmes de réponse au
stress, avec un risque de charge allostatique cumulée pouvant retentir sur le
sommeil, l'attention et la régulation émotionnelle des jeunes concernés — d'où
l'importance de ne jamais dissocier, en clinique, l'accompagnement de cette
anxiété générationnelle du travail plus général sur l'hygiène de vie et la
régulation du stress.
4.2. Le niveau psychologique
Le sens de cohérence théorisé par
Antonovsky — la capacité à percevoir son environnement comme compréhensible,
gérable et porteur de sens — est directement mis à l'épreuve par un contexte
perçu comme imprévisible et hors de contrôle. Le travail clinique gagne ici à
se concentrer non sur la suppression de l'incertitude, par définition
impossible, mais sur le renforcement de la gérabilité perçue : aider le jeune à
identifier ce qui, dans sa trajectoire, reste sous son contrôle direct, malgré
l'incertitude du contexte global.
4.3. Le niveau social et microsystémique
La famille, le groupe de pairs et les
enseignants constituent des microsystèmes déterminants dans la façon dont un
jeune métabolise cette incertitude générationnelle. Un discours adulte
oscillant entre déni rassurant et catastrophisme anxiogène est également
délétère : la validation de l'inquiétude ressentie, sans son amplification,
constitue la posture la plus soutenante.
4.4. Le niveau écologique et macrosystémique
Les politiques éducatives, les
transformations du marché du travail, les orientations prises en matière de
régulation de l'intelligence artificielle et les politiques climatiques
relèvent directement du niveau macrosystémique du modèle BPS-E. Ce niveau rappelle
qu'une partie substantielle de la réponse à apporter à cette problématique
générationnelle dépasse le seul accompagnement individuel et engage des
transformations institutionnelles — adaptation des cursus, dispositifs
d'insertion professionnelle, politiques climatiques — que le clinicien ne peut
ignorer sans risquer de faire porter sur le seul jeune la responsabilité d'un
ajustement qui doit être partagé.
5. Comprendre la motivation face à l'incertitude : apports
théoriques
5.1. La théorie de l'autodétermination
La théorie de l'autodétermination de Deci
et Ryan identifie trois besoins psychologiques fondamentaux dont la
satisfaction conditionne une motivation authentique et durable : le besoin de
compétence (se sentir capable d'agir efficacement), le besoin d'autonomie
(percevoir ses choix comme réellement siens) et le besoin d'appartenance
sociale (se sentir relié aux autres). Un contexte d'incertitude généralisée
fragilise particulièrement le besoin de compétence, dans la mesure où les
compétences acquises aujourd'hui peuvent sembler menacées d'obsolescence
rapide, ce qui explique en partie le sentiment de démotivation ou
d'anticipation résignée observé chez certains jeunes.
5.2. Le sentiment d'auto-efficacité
Le sentiment d'auto-efficacité, théorisé
par Bandura, désigne la croyance d'un individu en sa capacité à produire les
effets qu'il recherche par son action. Ce sentiment ne se construit pas par un
discours rassurant abstrait, mais par l'accumulation d'expériences de réussite
concrètes, aussi modestes soient-elles — un principe directement transposable à
l'accompagnement des jeunes face à l'incertitude professionnelle : privilégier
des objectifs à court terme, atteignables et évaluables, plutôt que des projections
lointaines difficiles à se représenter dans un contexte perçu comme instable.
5.3. Le rôle de l'action collective face à l'impuissance
perçue
La littérature sur l'éco-anxiété souligne
de façon convergente que l'engagement dans une action collective concrète —
même modeste — constitue un facteur protecteur robuste face au sentiment
d'impuissance, davantage que l'accumulation d'informations anxiogènes sans
perspective d'action. Ce principe se transpose directement à l'anxiété liée à
l'emploi et à l'intelligence artificielle : la participation à des projets
concrets (associatifs, entrepreneuriaux, collectifs) restaure un sentiment
d'agentivité que l'inquiétude abstraite face à l'avenir tend à éroder.
6. Maintenir la motivation : pistes concrètes pour les
cliniciens, éducateurs et familles
·
valider explicitement la
légitimité de l'inquiétude exprimée, sans la minimiser ni l'amplifier, en la
distinguant d'un trouble anxieux à traiter isolément lorsqu'elle reste
proportionnée au contexte réel,
·
aider le jeune à distinguer ce
qui relève de son contrôle direct (compétences développées, choix de formation,
réseau construit) de ce qui n'en relève pas (évolution macroéconomique globale
de l'IA), pour concentrer l'énergie motivationnelle sur le premier registre,
·
privilégier des objectifs à
court et moyen terme, concrets et atteignables, plutôt que des projections de
carrière rigides à quinze ou vingt ans, par nature peu compatibles avec un
contexte en mutation rapide,
·
favoriser l'expérimentation
concrète (stages, projets associatifs, micro-entrepreneuriat, engagement
collectif) plutôt que la seule accumulation théorique de diplômes, pour
restaurer le sentiment d'auto-efficacité,
·
encourager le développement de
compétences transversales peu automatisables — jugement critique, créativité,
relation humaine, capacité d'adaptation — en complément, et non en
substitution, des compétences techniques,
·
veiller à ce que le discours
adulte, familial comme éducatif, évite à la fois le déni rassurant et le
catastrophisme, deux postures également délétères pour la construction d'un
rapport réaliste et actif à l'avenir,
·
s'appuyer sur le collectif
(pairs, engagement associatif, mentorat intergénérationnel) comme ressource
protectrice contre l'isolement face à l'incertitude.
7. Ouvrir des perspectives pour les vingt à trente
prochaines années
Ouvrir des perspectives ne signifie pas
prédire avec certitude l'évolution du marché du travail sur les prochaines
décennies — un exercice par nature illusoire dans un contexte de transformation
rapide — mais aider le jeune à construire une posture d'adaptabilité durable
plutôt qu'une trajectoire figée.
7.1. Des compétences plus stables que les métiers
eux-mêmes
Si les métiers précis exercés dans vingt ou
trente ans restent largement imprévisibles, certaines compétences transversales
apparaissent, de façon convergente dans la littérature sur l'avenir du travail,
comme relativement stables face à l'automatisation : la pensée critique et la
résolution de problèmes complexes, la créativité, la capacité de collaboration
et de communication interpersonnelle, l'intelligence émotionnelle, et la
capacité d'apprentissage continu elle-même. Orienter la construction identitaire
du jeune vers le développement de ces compétences, plutôt que vers
l'acquisition figée d'un savoir technique isolé, constitue une stratégie
d'adaptation plus robuste face à l'incertitude.
7.2. La complémentarité plutôt que la seule compétition
avec l'intelligence artificielle
Un déplacement de perspective utile en
clinique consiste à aider le jeune à ne pas se percevoir uniquement en
compétition avec l'intelligence artificielle, mais à identifier les modalités
concrètes par lesquelles il pourra travailler en complémentarité avec ces
outils — la valeur du travail humain se déplaçant progressivement de
l'exécution de tâches codifiables vers le jugement, la supervision, la relation
et la capacité à formuler les bonnes questions plutôt qu'à produire seul les
réponses.
7.3. La formation continue comme norme plutôt qu'exception
Le modèle d'une formation initiale figée,
suivie d'une carrière stable sur plusieurs décennies, apparaît de moins en
moins représentatif des trajectoires professionnelles à venir. Intégrer, dès
l'adolescence, l'idée que l'apprentissage continu constituera une norme et non
une exception permet de désamorcer une partie de l'anxiété liée à
l'obsolescence perçue des compétences acquises, en la remplaçant par une
posture active de mise à jour permanente plutôt que par la crainte passive d'un
décrochage définitif.
7.4. Réhabiliter le temps long malgré l'accélération
perçue
Paradoxalement, face à un monde perçu comme
s'accélérant, le maintien de rituels et de temporalités longues et stables —
sommeil régulier, relations durables, engagement associatif sur la durée,
pratiques culturelles ou sportives régulières — constitue un facteur protecteur
significatif, en offrant un ancrage psychique stable qui contrebalance
l'instabilité perçue de l'environnement extérieur.
8. Le rôle spécifique des professionnels de santé mentale
Le clinicien accompagnant un jeune
exprimant cette anxiété générationnelle doit veiller à plusieurs écueils : ne
pas psychiatriser une réaction émotionnelle proportionnée à un contexte réel,
ne pas pour autant négliger les situations où cette anxiété du futur s'articule
à ou aggrave un trouble anxieux ou dépressif préexistant nécessitant une prise
en charge spécifique, et ne pas se substituer, par un discours rassurant
univoque, au travail d'élaboration personnelle que le jeune doit pouvoir mener
face à cette incertitude. L'objectif clinique n'est ni de nier la réalité des
transformations en cours, ni de renforcer un sentiment d'impuissance, mais
d'aider le jeune à développer une capacité d'action ajustée à ce qui demeure,
malgré tout, sous son influence.
9. Conclusion
La génération actuelle de jeunes fait face
à une conjonction inédite d'incertitudes — dévalorisation perçue des diplômes,
fragilisation de l'entrée dans la vie active par l'intelligence artificielle,
conscience aiguë de l'accélération des transformations globales — qui appelle
une réponse clinique nuancée, ni déniante ni catastrophiste. Le modèle
Biopsychosocial-Écologique invite à ne pas réduire cette problématique à sa
seule dimension psychologique individuelle, mais à la resituer dans ses
dimensions biologiques, sociales et macrosystémiques, tout en identifiant des
leviers d'action concrets à chacun de ces niveaux. Maintenir la motivation des
jeunes dans ce contexte suppose moins de leur offrir des certitudes que nul ne
détient réellement, que de renforcer leur sentiment de compétence, leur
autonomie d'action et leur ancrage relationnel — trois ressources qui
demeurent, elles, largement sous leur contrôle et sous celui des adultes qui
les accompagnent, quelle que soit par ailleurs l'évolution du monde dans lequel
ils devront construire leur vie.
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15. Paris, C. J. Le modèle
Biopsychosocial-Écologique (BPS-E) : fondements théoriques et applications
cliniques en psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent. Article n°1 de la
présente série.
Article
rédigé par le Dr Claude Jean Paris, dans le cadre de sa production de contenus
de psychoéducation psychiatrique fondés sur le modèle BPS-E (article n°290).