0230 L'Art-Thérapie en Psychiatrie
Fondements théoriques, données probantes et indications
cliniques selon le modèle biopsychosocial-écologique (BPS-E)
Dr. Claude Jean Paris
Psychiatre
et Pédopsychiatre, Boulogne-Billancourt
Paris et al., 2026 | Article scientifique — Série BPS-E
RÉSUMÉ
Contexte.
L'art-thérapie,
médiation thérapeutique utilisant le processus de création artistique à des
fins d'expression, d'élaboration et de soin, occupe une place croissante dans
l'arsenal thérapeutique psychiatrique, en complément des traitements
pharmacologiques et psychothérapeutiques conventionnels. Ses fondements
théoriques, longtemps essentiellement psychodynamiques, se sont enrichis de
données neuroscientifiques et de preuves d'efficacité issues d'essais
contrôlés.
Objectif.
Proposer
une synthèse des fondements théoriques, des données probantes et des
indications cliniques de l'art-thérapie en psychiatrie, selon une lecture
intégrative issue du modèle biopsychosocial-écologique (BPS-E, Paris et al.,
2026), extension du modèle d'Engel (1977).
Méthode.
Revue
narrative de la littérature française et internationale portant sur les
courants théoriques de l'art-thérapie, ses corrélats neurobiologiques, les
essais contrôlés et revues systématiques disponibles dans la schizophrénie, la
dépression, le psychotraumatisme et les populations pédiatriques, ainsi que sur
le cadre pratique de son exercice.
Résultats.
Les
données disponibles, bien qu'hétérogènes méthodologiquement, suggèrent un effet
bénéfique de l'art-thérapie comme traitement adjuvant dans la schizophrénie sur
les symptômes négatifs, dans le psychotraumatisme sur la régulation
émotionnelle, et dans la dépression sur la qualité de vie. Une lecture BPS-E
permet d'articuler les mécanismes neurobiologiques de la créativité, les
processus psychologiques de symbolisation et de mise à distance, les effets
sensoriels et corporels de l'activité créative, et la dimension groupale et
sociale du dispositif thérapeutique.
Conclusion.
L'art-thérapie
constitue une médiation thérapeutique complémentaire pertinente en psychiatrie,
dont l'intégration à une prise en charge globale et multimodale, plutôt qu'un
usage isolé, permet d'en optimiser les effets cliniques.
Mots-clés : art-thérapie ; médiation thérapeutique ; modèle
biopsychosocial-écologique ; BPS-E ; schizophrénie ; psychotraumatisme ;
dépression ; créativité.
Keywords:
art therapy; therapeutic
mediation; biopsychosocial-ecological model; BPS-E; schizophrenia;
psychological trauma; depression; creativity.
1.
Introduction : de la création artistique au soin psychique
L'art-thérapie
désigne l'utilisation thérapeutique du processus de création artistique — arts
plastiques, musique, mouvement, écriture, théâtre — sous la conduite d'un
professionnel formé, dans un objectif d'expression, d'élaboration psychique et
de soin, indépendamment de toute visée esthétique ou de production d'une œuvre
achevée. Cette discipline, dont les racines cliniques remontent aux travaux
pionniers de Naumburg (1966) dans une perspective psychodynamique et de Kramer
(1971) dans une perspective davantage centrée sur la fonction de sublimation du
processus créatif lui-même, a connu un développement considérable au cours des
cinquante dernières années, tant sur le plan de la pratique clinique que de la
recherche.
Longtemps
cantonnée à des indications relativement marginales et à une littérature
scientifique essentiellement qualitative, l'art-thérapie bénéficie aujourd'hui
d'un corpus croissant d'essais contrôlés et de revues systématiques, notamment
dans la schizophrénie (Crawford et al., 2012 ; Ruddy & Milnes, 2005) et le
psychotraumatisme (Schouten, de Niet, Knipscheer, Kleber, & Hutschemaekers,
2015), qui permettent d'en préciser les indications et les mécanismes d'action.
Cet article
propose une synthèse des fondements théoriques, des données probantes et des
indications cliniques de l'art-thérapie en psychiatrie, structurée selon le
modèle biopsychosocial-écologique (BPS-E, Paris et al., 2026), extension du
modèle d'Engel (1977) permettant d'articuler les mécanismes neurobiologiques,
psychologiques, sensoriels et sociaux à l'œuvre dans ce dispositif
thérapeutique singulier.
2.
Fondements théoriques : trois courants complémentaires
2.1. L'approche
psychodynamique
L'approche
psychodynamique, fondatrice de la discipline avec les travaux de Naumburg
(1966), conçoit la production artistique comme une voie d'accès privilégiée aux
contenus inconscients, sur le modèle de l'association libre transposée au
registre visuel ou sensoriel. La production plastique fonctionne comme un
espace transitionnel, au sens winnicottien du terme (Winnicott, 1971),
permettant l'expression symbolisée de contenus psychiques difficilement
accessibles par la seule verbalisation, en particulier chez les patients
présentant une alexithymie marquée ou des vécus traumatiques peu mentalisés.
2.2. L'approche humaniste
et la fonction de sublimation
Kramer
(1971), dans une perspective davantage centrée sur le processus créatif
lui-même plutôt que sur son interprétation symbolique, a mis l'accent sur la
fonction de sublimation de l'acte créateur : le processus de création,
indépendamment de tout contenu interprétable, permettrait une transformation et
une maîtrise progressive des affects difficiles, l'enfant ou l'adulte trouvant
dans la matière et le geste créatif un espace de régulation émotionnelle en
soi, sans nécessité d'un travail interprétatif verbal systématique.
2.3. L'approche
neuroscientifique contemporaine
Plus
récemment, les neurosciences de la créativité ont apporté un éclairage
complémentaire, en documentant les effets physiologiques mesurables de
l'activité créative : Kaimal, Ray et Muniz (2016) ont montré une réduction
significative du cortisol salivaire après seulement 45 minutes d'activité de
création plastique libre, indépendamment du niveau d'expérience artistique
préalable des participants, suggérant un effet apaisant direct du processus
créatif sur l'axe du stress, au-delà de tout mécanisme purement symbolique ou
interprétatif.
3.
Les principales modalités de médiation artistique
|
Modalité |
Support et
processus |
Indications
privilégiées |
|
Art-thérapie à
médiation plastique |
Dessin,
peinture, modelage, collage |
Symbolisation,
expression non-verbale, trauma, psychose |
|
Musicothérapie |
Écoute,
improvisation, chant, rythme |
Dépression,
régulation émotionnelle, troubles neurodéveloppementaux |
|
Danse-thérapie
/ thérapie par le mouvement |
Mouvement
corporel guidé ou libre, conscience corporelle |
Troubles
anxieux, dissociation, reconnexion au corps après trauma |
|
Dramathérapie |
Jeu de rôle,
mise en scène, improvisation théâtrale |
Habiletés
sociales, affirmation de soi, trauma complexe |
|
Écriture
thérapeutique |
Récit,
journal, poésie |
Mise en récit
du vécu, trouble de stress post-traumatique |
4.
Le modèle BPS-E appliqué à l'art-thérapie
Le modèle
BPS-E (Paris et al., 2026) permet d'articuler les différents mécanismes
d'action de l'art-thérapie en quatre dimensions complémentaires, résumées dans
le tableau ci-dessous.
|
Dimension
Biologique |
Dimension
Psychologique |
Dimension
Nutritionnelle/Mode de vie |
Dimension
Écologique/Sociale |
|
Réduction du
cortisol, activation des réseaux de récompense et de la créativité,
régulation du système nerveux autonome |
Symbolisation,
mise à distance, régulation émotionnelle, travail de l'alexithymie et du
trauma |
Engagement
sensoriel et corporel, rythme de la séance, activité non sédentaire |
Dimension
groupale, lien social, réinsertion, valorisation par le regard d'autrui |
5.
Dimension biologique : effets neurobiologiques mesurables
Au-delà de
l'effet sur le cortisol documenté par Kaimal et al. (2016), les études de
neuro-imagerie fonctionnelle appliquées à la créativité ont mis en évidence
l'implication de réseaux cérébraux larges associant le réseau du mode par
défaut, impliqué dans la génération d'idées spontanées et l'imagination, et des
réseaux exécutifs frontaux impliqués dans l'évaluation et le raffinement de la
production créative. Cette activation combinée diffère notablement des tâches
cognitives standardisées et pourrait expliquer certains effets spécifiques de
la médiation artistique, notamment sa capacité à mobiliser des ressources
psychiques en dehors des circuits de rumination anxieuse ou dépressive
habituels.
Dans le
champ du psychotraumatisme, l'hypothèse d'un effet spécifique de la médiation
artistique sur la régulation de l'hyperactivation amygdalienne a été avancée,
la production plastique permettant un accès régulé et progressif à des contenus
traumatiques trop intenses pour être directement verbalisés, sans le
débordement émotionnel que peut entraîner une verbalisation prématurée et non
contenue (Schouten et al., 2015).
|
Dimension biologique — points clés Réduction mesurable du cortisol salivaire après une
séance de création plastique, activation combinée du réseau du mode par
défaut et des réseaux exécutifs frontaux, hypothèse d'un effet régulateur sur
l'hyperactivation amygdalienne dans le trauma. |
6.
Dimension psychologique : symbolisation, mentalisation et trauma
Sur le plan
psychologique, l'art-thérapie offre un espace de symbolisation particulièrement
précieux pour les patients présentant une alexithymie marquée, une
dissociation, ou des vécus traumatiques peu mentalisés. La médiation par un
support matériel externe (papier, argile, instrument) permet une mise à
distance de l'affect brut, le processus créatif servant de tiers entre le
patient et son vécu émotionnel, facilitant progressivement l'accès à une mise
en mots secondaire lorsque celle-ci devient possible.
Dans la
schizophrénie, l'essai contrôlé multicentrique MATISSE de Crawford et al.
(2012), publié dans le British Medical Journal, portant sur plus de 400
patients, n'a pas retrouvé de différence significative sur les symptômes
globaux ou la qualité de vie entre le groupe bénéficiant d'art-thérapie de
groupe en complément des soins usuels et le groupe recevant les soins usuels
seuls, nuançant les résultats plus favorables de travaux antérieurs de moindre
ampleur méthodologique. La revue Cochrane de Ruddy et Milnes (2005) souligne
également l'hétérogénéité méthodologique des études disponibles et la nécessité
d'essais contrôlés de plus grande envergure pour établir des conclusions
robustes sur les symptômes négatifs et le fonctionnement social.
|
Point de vigilance clinique Les données d'efficacité de l'art-thérapie restent
hétérogènes selon les indications : plus robustes dans le psychotraumatisme
et la dépression, plus nuancées dans la schizophrénie où les essais contrôlés
de grande ampleur n'ont pas toujours confirmé les bénéfices suggérés par des
études plus anciennes et de moindre puissance méthodologique. |
7.
Dimension nutritionnelle et mode de vie : sensorialité et engagement corporel
L'art-thérapie
mobilise une dimension sensorielle et corporelle souvent négligée dans les
approches strictement verbales de la psychothérapie : manipulation de matières
(argile, peinture, papier), engagement postural et gestuel, rythme respiratoire
associé au geste créatif. Cette dimension corporelle rejoint les approches de
danse-thérapie et de thérapie par le mouvement, dont Bräuninger (2012) et la
méta-analyse de Koch et al. (2019) ont montré des effets bénéfiques sur la
qualité de vie psychologique et la régulation émotionnelle, dans des mécanismes
potentiellement complémentaires à ceux de la médiation plastique proprement
dite.
Le cadre
régulier et rythmé des séances d'art-thérapie — fréquence hebdomadaire, durée
fixe, cadre spatial stable — introduit par ailleurs un élément de structuration
temporelle bénéfique pour des patients dont le rapport au temps et au rythme de
vie peut être significativement désorganisé, notamment dans les états
dépressifs sévères ou les décompensations psychotiques.
8.
Dimension écologique et sociale : la dimension groupale et le lien social
Lorsqu'elle
est pratiquée en groupe — modalité fréquente en institution psychiatrique —,
l'art-thérapie mobilise une dimension sociale spécifique : partage d'un espace
et d'un temps commun, regard bienveillant porté sur la production d'autrui,
expérience de reconnaissance mutuelle qui peut contraster favorablement avec le
vécu d'isolement et de stigmatisation fréquemment associé à la maladie
psychiatrique. Cette dimension groupale constitue un vecteur de resocialisation
progressive, en particulier pour les patients présentant un retrait social
marqué dans le cadre de troubles psychotiques ou dépressifs sévères.
Dans une
perspective de réinsertion plus large, certains dispositifs d'art-thérapie
s'articulent avec des projets d'exposition ou de valorisation des productions
réalisées, permettant une reconnaissance sociale de la créativité du patient
au-delà du seul cadre thérapeutique, dans une logique de restauration de
l'estime de soi et de la place sociale, sans que cette dimension ne doive
jamais primer sur la fonction thérapeutique première du dispositif.
|
Dimension écologique/sociale — points clés Effet resocialisant de la dimension groupale, vigilance
sur l'équilibre entre valorisation sociale de la production et fonction
thérapeutique première, articulation possible avec des projets de
réinsertion. |
9.
Indications cliniques en psychiatrie
|
Indication |
Niveau de
preuve résumé |
Objectifs
thérapeutiques privilégiés |
|
Schizophrénie
(symptômes négatifs) |
Résultats
hétérogènes ; essai MATISSE négatif sur critères globaux (Crawford et al.,
2012), revues Cochrane appelant à la prudence (Ruddy & Milnes, 2005) |
Expression
non-verbale, lien groupal, structuration |
|
Psychotraumatisme
/ TSPT |
Revue
systématique en faveur d'un effet sur la régulation émotionnelle (Schouten et
al., 2015) ; données pédiatriques positives (Chapman et al., 2001) |
Mise à
distance du vécu traumatique, symbolisation progressive |
|
Dépression |
Revue Cochrane
positive pour la musicothérapie en complément des soins usuels (Aalbers et
al., 2017) |
Régulation
émotionnelle, remobilisation motivationnelle |
|
Populations
pédiatriques |
Données
favorables sur l'expression émotionnelle et l'estime de soi (Kramer, 1971 ;
Chapman et al., 2001) |
Médiation
développementale, expression non-verbale privilégiée chez l'enfant |
|
Troubles
anxieux et régulation du stress |
Effet
biologique documenté sur le cortisol (Kaimal et al., 2016) |
Réduction du
stress, régulation psychophysiologique |
10.
Vignette clinique illustrative (cas fictif)
|
⚠ Avertissement La vignette suivante est entièrement fictive. Toute
ressemblance avec un patient réel serait fortuite. |
Madame T.,
34 ans, est adressée en art-thérapie de groupe dans le cadre du suivi d'un état
de stress post-traumatique consécutif à un accident de la route survenu un an
auparavant. Elle décrit une difficulté majeure à verbaliser les images
intrusives associées à l'accident, la mise en mots directe déclenchant
systématiquement une réaction d'angoisse envahissante l'obligeant à interrompre
les entretiens de psychothérapie verbale entamés en parallèle.
Au cours
des premières séances d'art-thérapie à médiation plastique, Madame T. produit
des dessins fragmentés, aux couleurs sombres, sans chercher à les commenter.
Progressivement, sur plusieurs semaines, ses productions évoluent vers des
formes plus structurées, et elle devient capable d'associer quelques mots à
certains éléments de ses dessins, initiant un travail de mise en récit qui
n'était pas possible en entretien verbal direct. Le groupe, composé de quatre
autres patients, constitue un espace contenant où le regard sur les productions
des autres participants facilite une forme de reconnaissance mutuelle sans
exposition directe du contenu traumatique de chacun.
Profil
BPS-E synthétique : Dimension Biologique — hyperactivation anxieuse à la
verbalisation directe, mieux régulée via la médiation plastique ; Dimension
Psychologique — alexithymie relative post-traumatique en cours
d'assouplissement ; Dimension Nutritionnelle/Mode de vie — bénéfice de la
régularité et de l'engagement sensoriel des séances ; Dimension
Écologique/Sociale — effet contenant du groupe, réduction progressive de
l'isolement social post-traumatique.
11.
Cadre pratique et formation des art-thérapeutes
En France,
la pratique de l'art-thérapie s'appuie sur des formations universitaires
diplômantes (diplômes d'université, certifications spécifiques) dispensées dans
plusieurs facultés de médecine et écoles spécialisées, sans qu'il n'existe à ce
jour de statut professionnel réglementé unique comparable à celui de la
psychomotricité ou de l'orthophonie. Cette hétérogénéité de formation impose au
psychiatre prescripteur une vigilance particulière sur la qualification
effective du professionnel auquel il oriente son patient, et sur l'articulation
du dispositif d'art-thérapie avec le reste de la prise en charge psychiatrique,
l'art-thérapie devant être conçue comme un complément et non comme un substitut
aux traitements pharmacologiques ou psychothérapeutiques indiqués.
Le cadre de
la séance — durée, fréquence, confidentialité des productions, modalités de
restitution éventuelle à l'équipe soignante — doit être clairement défini en
amont, en particulier concernant la question sensible du partage du contenu des
productions avec l'équipe pluridisciplinaire, qui doit être négocié avec le
patient dans le respect de son espace d'expression tout en garantissant la
cohérence du projet de soin global.
12.
Perspectives, limites et pistes de recherche
Le
développement d'essais contrôlés randomisés de plus grande envergure
méthodologique, à l'image de l'essai MATISSE (Crawford et al., 2012), reste une
priorité pour préciser les indications réellement validées de l'art-thérapie en
psychiatrie et éviter les conclusions hâtives issues d'études de faible
puissance. Le développement d'outils numériques de médiation créative,
notamment à destination des enfants, constitue également une perspective
émergente : dans le cadre du programme de recherche BPS-E, le développement en
cours d'un outil de médiation thérapeutique intégrant l'intelligence
artificielle (projet « Teddy »), destiné à accompagner la médiation par le jeu
et la créativité chez l'enfant en consultation, illustre cette direction de
recherche, dont l'évaluation clinique rigoureuse reste à conduire avant toute
généralisation.
Cet article
présente les limites inhérentes à une revue narrative non systématique. Par
ailleurs, l'hétérogénéité des modalités pratiques regroupées sous le terme
générique d'« art-thérapie » (médiation plastique, musicothérapie,
danse-thérapie, dramathérapie) complique la synthèse des données probantes,
chaque modalité reposant sur des mécanismes d'action potentiellement distincts
qui mériteraient des évaluations différenciées plutôt qu'une agrégation sous un
label commun.
13.
Conclusion
L'art-thérapie
constitue une médiation thérapeutique aux fondements théoriques riches —
psychodynamiques, humanistes et neuroscientifiques — dont les données
probantes, bien qu'hétérogènes selon les indications, soutiennent un usage
complémentaire pertinent en psychiatrie, en particulier dans le
psychotraumatisme et la dépression. La lecture BPS-E de ce dispositif permet
d'articuler ses effets biologiques mesurables, ses mécanismes psychologiques de
symbolisation, sa dimension sensorielle et corporelle, et sa fonction sociale
et groupale, dans une intégration cohérente à la prise en charge globale du
patient plutôt que dans un usage isolé et déconnecté du projet de soin
d'ensemble.
« évaluer pour comprendre, comprendre
pour agir, agir en cohérence avec la complexité de la personne »
Conflits d'intérêts : L'auteur déclare ne pas avoir de liens d'intérêts.
Financement : aucun financement externe. Contribution : Dr. Claude Jean Paris —
conception, revue de la littérature et rédaction.
Références
bibliographiques
Aalbers, S., Fusar-Poli,
L., Freeman, R. E., Spreen, M., Ket, J. C., Vink, A. C., … & Gold, C.
(2017). Music therapy for depression. Cochrane Database of Systematic Reviews,
11, CD004517.
Bräuninger, I. (2012).
The efficacy of dance movement therapy group on improvement of quality of life:
A randomized controlled trial. The Arts in Psychotherapy, 39(4), 296-303.
Chapman, L., Morabito,
D., Ladakakos, C., Schreier, H., & Knudson, M. M. (2001). The effectiveness
of art therapy interventions in reducing post traumatic stress disorder (PTSD)
symptoms in pediatric trauma patients. Art Therapy, 18(2), 100-104.
Crawford, M. J.,
Killaspy, H., Barnes, T. R., Barrett, B., Byford, S., Clayton, K., … &
Waller, D. (2012). Group art therapy as an adjunctive treatment for people with
schizophrenia: Multicentre pragmatic randomised trial. BMJ, 344, e846.
Engel, G. L. (1977). The
need for a new medical model: A challenge for biomedicine. Science, 196(4286),
129-136.
Kaimal, G., Ray, K.,
& Muniz, J. (2016). Reduction of cortisol levels and participants'
responses following art making. Art Therapy, 33(2), 74-80.
Koch, S. C., Riege, R.
F. F., Tisborn, K., Biondo, J., Martin, L., & Beelmann, A. (2019). Effects
of dance movement therapy and dance on health-related psychological outcomes: A
meta-analysis update. Frontiers in Psychology, 10, 1806.
Kramer, E. (1971). Art
as Therapy with Children. Schocken Books.
Malchiodi, C. A. (2011).
Handbook of Art Therapy (2nd ed.). Guilford Press.
Naumburg, M. (1966).
Dynamically Oriented Art Therapy: Its Principles and Practice. Grune &
Stratton.
Paris, C. J., &
Collaborateurs. (2026). Le modèle BPS-E (Biopsychosocial-Écologique) :
fondements théoriques et applications cliniques. Document de travail clinique,
Boulogne-Billancourt.
Ruddy, R., & Milnes,
D. (2005). Art therapy for schizophrenia or schizophrenia-like illnesses.
Cochrane Database of Systematic Reviews, 4, CD003728.
Schouten, K. A., de
Niet, G. J., Knipscheer, J. W., Kleber, R. J., & Hutschemaekers, G. J.
(2015). The effectiveness of art therapy in the treatment of traumatized
adults: A systematic review on art therapy and trauma. Trauma, Violence, &
Abuse, 16(2), 220-228.
Slayton, S. C.,
D'Archer, J., & Kaplan, F. (2010). Outcome studies on the efficacy of art
therapy: A review of findings. Art Therapy, 27(3), 108-118.
Van Lith, T. (2016). Art
therapy in mental health: A systematic review of approaches and practices. The
Arts in Psychotherapy, 47, 9-22.
Winnicott, D. W. (1971).
Playing and Reality. Tavistock Publications.
Article soumis pour publication. Version 1.0 — Juillet 2026 —
Dr. Claude Jean Paris.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire